L’apprentissage peut-il aider les jeunes à mieux « gérer » la crise sanitaire ?

La crise sanitaire a fortement perturbé la vie des jeunes. Depuis le mois de mars 2020, les étudiants doivent suivre le plus souvent des cours à distance. Ceux d’entre eux qui avaient un emploi à temps partiel pour se financer ont souvent dû y renoncer en raison du confinement, de la fermeture administrative de nombreux établissements les employant ou en raison du recul de l’activité.

Dans ce contexte, l’apprentissage est un moyen efficace pour combiner éducation et financement des études et ne pas rester à la charge de ses parents ou tomber dans la précarité. Ce dispositif permet de concilier un cursus scolaire au sein d’un Centre de formation d’apprentis (CFA) et une formation en emploi au sein d’une entreprise. Le système bénéficie depuis plusieurs années de politiques volontaristes.

Il a notamment été réformé en 2018 afin de libéraliser la création des CFA, qui se sont multipliés sur le territoire. Les subventions à l’embauche des jeunes en apprentissage ont été renforcées à l’été 2020 avec le plan #1jeune1solution. Une entreprise bénéficie d’une prime allant de 5 000 à 8 000 euros pour l’embauche d’un jeune en apprentissage entre juillet 2020 et février 2021.  Les différentes aides et réformes successives ont ainsi permis d’accroître très largement le nombre de contrats signés. Après une hausse de 16 % en 2019 pour atteindre 353 421 nouveaux contrats dans le secteur privé, l’année 2020 bat un nouveau record avec 495 000 contrats signés, soit une hausse de près de 40 % (qui s’explique, pour partie, par le transfert des contrats de professionnalisation vers des contrats d’apprentissage).

Le nombre de nouveaux contrats d’apprentissage rejoint celui de l’Allemagne. Il s’agit dorénavant d’accompagner les apprentis dans la durée puisqu’en 2019, il y avait 1,3 million d’apprentis en Allemagne, contre seulement 491 000 en France.