Le télétravail pourrait aider la croissance en réduisant le coût immobilier des entreprises

La crise sanitaire et les mesures de confinement prises un peu partout dans le monde en 2020 ont accéléré le recours au télétravail pour certaines professions de manière spectaculaire (un quart des employés étaient en télétravail en avril en France selon la DARES). La fin de l’épidémie verra vraisemblablement une augmentation importante de cette pratique. En effet, une majorité de salariés plébiscite une plus grande flexibilité sur le lieu de travail.

Une moindre présence sur site des employés pourrait ainsi alléger le besoin en espace de bureaux des entreprises. Or l’immobilier représente un poste de dépense très important, et en constante augmentation, pour les entreprises françaises (8,3 % de la valeur ajoutée pour l’entreprise médiane en 2017) en particulier dans les zones urbaines denses comme le montre le graphique ci-dessous.

Quelles pourraient alors être les conséquences macroéconomiques d’une moindre dépendance à l’immobilier commercial ? Tout d’abord, la difficulté d’ajuster les espaces de bureaux est responsable d’un affaiblissement de la dynamique de l’emploi. Si le recours, même partiel, au télétravail permet de partager davantage les espaces, alors cette contrainte pourrait être levée avec un effet positif sur l’activité des entreprises, surtout dans les services. Ensuite, le télétravail en lui-même peut être source de gains de productivité importants. Les entreprises investissent en matériel numérique pour pouvoir assurer la continuité de leur activité, et les travailleurs pourraient être eux aussi davantage productifs. Enfin, une moindre demande en immobilier commercial pourrait faire chuter les prix avec un effet possiblement négatif sur la capacité d’emprunt des entreprises, pour qui la valeur de l’immobilier commercial est souvent utilisée comme une garantie au moment de contracter un crédit bancaire.

Pour plus de détails, voir notre bulletin Macroéconomie du télétravail.